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22 août 2012 3 22 /08 /août /2012 23:14


Paradigme. Se dit d’une représentation du monde, une manière de voir les choses, un modèle cohérent de vision du monde qui repose sur une base définie (matrice disciplinaire, modèle théorique ou courant de pensée). Les économies du monde entier sont chacune à la recherche d’un nouveau paradigme. Les signes écologiques, sociaux, financiers, semblent nous renvoyer l’image d’un monde vivant la fin d’une époque. Révolutions, luttes pour le contrôle d’énergie, de ressources sont des faits courants. Les  politiques de soutien financier, les  politiques fiscales se multiplient et aucune ne  semble être en mesure d’apporter de solutions durables à un problème de plus en plus global. Même les réponses militaires  ne parviennent pas à générer un basculement des équilibres. Au final, nous enchaînons les plans de sauvetage sans  pour autant répondre à une question, à mon avis, fondamentale : Quels sont nos objectifs ?

 

 

 

Définir un paradigme n’est pas chose facile tant nous devrions dénoncer ce qui est notre monde depuis plus d’un siècle. Par exemple, définir un modèle de vie où la plupart des déplacements se feraient à vélo, ne serait pas pour satisfaire la sidérurgie, ni la construction automobile... De fait, difficile d’imaginer que les groupes de pression représentant ces puissants intérêts accepteraient dans la joie de tels changements. Pour cette raison, s’il s’agit de changement, les économies dites développées partent avec un handicap certain.

 

 


Les nations du continent africain sont bien placées pour initier le changement. Les nations les plus démunies d’Afrique peuvent aisément imposer de nouveaux modèles sociétaux tant le poids de l’existant est relativement faible. Prenons l’exemple des déplacements inters urbains. En France, il serait difficile de délaisser toute ces autoroutes et ces voies grande vitesse pour d’autres solutions. Comment justifier que de gigantesques investissements deviennent soudain obsolètes ? En revanche, dans une nation ou l’essentiel des routes est fait de pistes et de voies faiblement aménagées, définir de nouvelles stratégies de transport représenterait une opportunité immédiate !  Il en va ainsi de la plupart des  secteurs économiques. Ainsi, les nations africaines peuvent imaginer plus librement de nouveaux circuits de production, de consommation tant l’existant est dans un état élémentaire.

 

 

Les nations du continent africain peuvent montrer la voie. Les nouvelles idées, les concepts de rupture peinent à trouver leur voie dans les pays de l’OCDE. Les nations africaines peuvent pleinement utiliser cet extraordinaire potentiel. En faisant vivre de nouvelles approches économiques et sociétales, le fantastique apport intellectuel et humain de la diaspora africaine pourra donner sa pleine mesure. Ainsi, le retour au berceau de générations entières d’ingénieurs, d’ouvriers, d’experts ne ferra qu’accentuer la vitesse et la force de l’évolution. Les nations africaines, sont naturellement au centre du monde et peuvent imprimer leur marque dans ce nouveau siècle.

 

 

 

 

De nouvelles nations africaines par quoi commencer ? Quelques soient les évolutions choisies, elles auront toute besoin de stabilité politique. Les  frontières et des régions  définies au mépris  des réalités ethniques, représentent un handicap dont il faut venir à bout. Une piste intéressante, pourrait consister à refonder l’organisation administrative sur les bases ethniques traditionnellement admises. Peut être cela pourrait il aboutir à la naissance d’un état fédéral, voire, une monarchie constitutionnelle ? En mobilisant les  têtes régnantes sur des clans ou des groupes sociaux il est possible de dessiner une carte administrative d’autant plus stable qu’elle sera naturellement admise dans les cœurs.

 

 


Un découpage national fondé sur l’échange efficient des hommes et des biens. Redéfinir une carte administrative ne signifie pas pour autant le repli identitaire. Il s’agit au contraire de valoriser le potentiel naturel de chacune des régions  tout en les unifiant par un réseau logistique efficace et abordable. A ce titre, on pourra souligner deux approches technologiques.

 

 


Pour les hommes, le système de l’aérotrain pourrait représenter une approche adaptée à la réalité tant géographique que sociale. Une conception sur pilotis permet un isolement du sol : le système est protégé des aléas climatiques. La maintenance très faible permet d’obtenir un système de transport rapide très rentable à l’exploitation, tout en garantissant des tarifs bas. L’architecture en hauteur permet une sécurité accrue qui bénéficiera à la régularité des services rendus à la population.

 

  aerotrainI80-250 final av 1280

(aérotrain BERTIN à hélice  de 80 places  – Vitesse commerciale 250 à 300 km / h) 

 


  

 

Pour le fret, l’option des  Road-railers, permet d’allier l’efficacité du ferroviaire à la flexibilité du transport routier pur. Les remorques routières peuvent facilement utiliser des rails et des tracteurs routiers peuvent tout aussi facilement remorquer des convois de petite taille sur un réseau local.

 

Roadrailers       RRConvoy

Remorque routière montée sur rails                       Convoi local tiré par un tracteur rail-route.

 

Pour ce qui est du carburant, doter ces  « camions ferroviaires » d’une motorisation apte à consommer de l’huile de palme, permettrait de développer une agriculture bio-energétique d’autant plus rentable qu’elle permet une répartition naturelle de la richesse économique.

 

Les résidus de la production d’huile constituent un excellent apport nutritionnel pour le bétail. Ainsi, les secteurs agricoles et énergétiques coopèrent au lieu de s’affronter. Un peuple affairé, et la mise en place d’un tissu économique fortement interdépendant ne fera que renforcer la stabilité sociale. Cette accalmie pourra favoriser le déploiement de politiques plus ambitieuses.

 

 

 

Re-découvrir l’identité culturelle. En Afrique, comme en Amérique du sud d’ailleurs, la période post-coloniale est marquée par l’adoption du style « international ». Ce style résume toute les composantes économiques (le bâtiment, la nutrition, la production… ) qui s’inspirent du modèle européen au lieu de valoriser le capital naturel disponible localement. Dans le domaine de la nutrition cela peut se traduire par des habitudes alimentaires qui génèrent de forts courants d’importations de denrées telles que la farine ou de la conserverie. Ainsi, en plus d’une balance commerciale déficitaire, une telle politique  ne permet pas le développement d’emplois valorisant le potentiel local. Ce déséquilibre engendre l’émergence d’une population économiquement exclue. Frustrée, désœuvrée cette population cède facilement au désordre et à la violence. Ainsi, l’état en vient à investir des sommes conséquentes en matière d’aide sociale et de maintien de l’ordre là où un simple retour à un mode de vie pertinent   suffirait à résoudre substantiellement le problème.

 

 

Que ce soit dans les domaines du bâtiment, de l’énergie, l’importation du style « international »  contribue à faire apparaître des problématiques sociales et économiques auparavant limitées, voire inexistantes.

 

 

 

L’identité culturelle ne se limite pas à une vague vision nationaliste ou artistique. Il s’agit bien de redécouvrir le lien intime qui lie une population à sa terre et à re-instaurer une harmonie sociale et écologique qui ne peut faire l’objet d’aucun commerce aussi équitable puisse t il être.

 

 

 

En finir avec l’inhumanisme économique du  XX ème  siècle.  L’économie, c’est la façon dont les hommes s’organisent pour combattre la rareté. Sur la fin du 20ème siècle, l’économie a souvent réalisé l’inverse. Les crises économiques et écologiques que nous vivons démontrent de façon éclatante les conséquences d’un tel raisonnement. Ce n’est plus un secret :  La technologie, la finance doivent reprendre leur juste place au service de l’homme.

 

En France, en Europe, et plus largement, dans le monde, la compétitivité n’a fait qu’une seule chose : Exclure toujours plus d’humains de la scène économique.  Le besoin en main d’œuvre crée une distribution naturellement forcée des richesses. L’optimisation,  la compétitivité retirent ce verrou naturel et autorisent facilement la dématérialisation de la valeur ajoutée,  de là, la mobilité de la rétribution économique devient incontrôlable. En fixant géographiquement les activités et en cantonnant la technologie à rendre les tâches plus faciles, il est possible de cristalliser la richesse sur un périmètre donné. La population peut prétendre ainsi à un meilleur mode de vie et l’état peut améliorer ses recettes fiscales sans nuire au bien-être de la population.

 

 

 

 

Cristalliser la richesse se réalise naturellement en atomisant la production. En concevant des produits réparables et améliorables il est possible de lier durablement la richesse à une population, à une région.  Imaginez des voitures qui pourraient être assemblées et réparées au niveau local. Imaginez des téléviseurs, des machines à laver qui pourraient être améliorés dans des ateliers locaux au gré des évolutions technologiques. Imaginez des cycles de recyclage quasi-infinis ou les déchets deviendraient autant de ressources.  Ces nouvelles méthodologies d’organisations économiques sont plus connues sous le nom de «  Craddle to Craddle » ( Berceau à berceau).  Il ne s’agit pas de créer des économies subventionnées, mais bien des systèmes sains et rentables qui fonctionnent naturellement en mode  décentralisé : car ils seraient pensés spécifiquement pour cela.

 

 


Les options sont nombreuses, elles peuvent toucher de façon bénéfique tous les secteurs de la société. Il n’est pas question de céder à l’angélisme ni au mythe de la moralité absolue. La corruption, les financements occultes, les excès financiers, ont toujours existés ;  de la même manière que les virus et les microbes contribuent à l’équilibre de la vie terrestre. La vraie et la seule question est de définir un axe, un objectif dans lequel les bonnes choses, comme les mauvaises co-existent dans le cadre d’une finalité positive.

 

Or, j’affirme que c’est bien par manque d’objectif, de vision, que l’économie mondiale s’est retrouvée dans une crise profonde et destructrice.

 

 

 

Alors, peut-être que l’Afrique, en tant que berceau, source de la civilisation humaine, à un rôle à jouer : Montrer une nouvelle voie, de nouvelles options. A ce titre, j’estime que les nations Africaines peuvent à nouveau être à la source d’un nouveau commencement.

 

 

 

 

 

"Ceux qui rendent les révolutions pacifiques impossibles rendent les révolutions violentes inévitables." John Kennedy 

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30 juillet 2012 1 30 /07 /juillet /2012 21:52

"Aller vers une nouvelle économie...Relancer la France...Trouver de nouveaux débouchés...renforcer la compétitivité..."... Nos dirigeants n'ont que ces mots  la bouche. La dernière en date consiste à relancer l'automobile ! Maheureusement pour nous, au vu des secteurs économiques qui dégringolent, on voit mal en quoi multiplier le nombre de roues et de tôles va constituer un remède "miracle" à notre société moribonde.

 

Et pourtant, même s'ils sont moins Sexy que la "technologie Française" il est d'autre secteurs qui semblent porteurs de promesses bien concrètes.

 

Prenons l'exemple des fruits,  à coques... Des Noix, des amandes entre autres...

 

 

Des noix : Un concentré mondialisé.

 

C'est un petit paquet de noix qui était vendu pas cher au "Lidl" du coin. Le contenu du petit paquet se révèle très bon au regard de son origine "discount".

 

Alors, par curiosité, on va regarder d'ou viennent ces petites noix succulentes qui vont si bien avec la bière.

 

Alors, nous avons :

 

- Des Noix. Origine : Etats-Unis.

- Des Noix de Cajou : Inde / Vietnam.

- Des Noisettes : Italie.

- Des Amandes blanchies : Etats-Unis.

 

"...Ah là... le paquet prend un drôle de goût..."

  DSC 0127

 

Noix et Amandes la reprise dont on ne veut pas.

 

Selon la Chambre d'Agriculture de la Dordogne, la production annuelle Française de Noix est stable à 25 000 Tonnes environ. Selon cette Chambre,  Il y a  un marché et tout semble aller pour le mieux.... Sauf que... En 1888, la production Française de Noix était de 100 000 tonnes et qu'en 1931, elle n'était plus que de 70 000 tonnes environ.  Pour info en 1993, la france à importé... 76 000 Tonnes de Noix.

 

Il en est de même pour les Amandes dont la France importe 90% de ses besoins.

 

Quant à la noix de Cajou, elle pousse parfaitement au Brésil, aux Antilles... donc, probablement en Guyanne. Mais là encore, place aux importations Asiatiques.

 

 

On ne vas pas relancer l'économie avec des Noix ! C'est une chose certaine. Ces fruits secs sont certainement achetés à meilleur marché par le fabricant. C'est sûr !  Cependant, si nous réintégrons au prix de ce sachet, tous les prélèvements de l'état au titre de l'aide au chômeurs ou du déficit de notre budget... Pensez vous que ce sachet serait  toujours aussi "bon marché" ?

 

In fine, le fabricant prend sa marge sur un produit bon marché acquis à l'étranger et nous, consommateurs, participons à ce commerce en payant les conséquences au travers de notre feuille d'imposition.

 

 

Alors, la prochaine fois que vous mangez des noix, prenez 2 secondes et réfléchissez...A tout bien considérer,  quelle reprise voulons nous ?

 

 

 

 

 

 

Sources :

  •  Le marché des fruits à coque en France : C. Hutin - Centre Technique Interprofessionnel des Fruits et Légumes – 2009.
  •  « La noix, une filière qui s’affirme » - Chambre D’agriculture Dordogne. 
  •  « La noix en France ». In: Revue de géographie alpine. 1934, Tome 22 N°4. pp. 825-843. -  Méjean Paul.        doi : 10.3406/rga.1934.5126 - http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/rga_0035-1121_1934_num_22_4_5126
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16 février 2012 4 16 /02 /février /2012 13:43

La dynamique des « trente glorieuses » a engendré un état de grâce où  intérêts économiques privés travaillaient en symbiose avec l’intérêt commun : il fallait reconstruire. Cette tâche accomplie, la nouvelle orientation économique a demandé aux  entreprises de devenir « hyper-compétitives ». En limitant la compétitivité économique aux seuls indicateurs financiers,  la  coopération symbiotique entre capital humain et financier s’est effacée au profit d’une prédation méthodique du premier facteur au profit du second. Cette évolution a perturbé l’équilibre social Français.  L’Etat, faute de définir une nouvelle direction globale, un paradigme, entretien une situation qui ne saurait être réglée par plus de compétitivité et plus de fiscalité.

 

 

Depuis les années 60, les entreprises se désengagent de leur rôle social dans l’économie nationale.  

Selon  l’INSEE, en 2007,  par rapport à  1949,  la France produit, en volume, 8 fois plus de richesses. Dans le même intervalle, la population active a augmenté de 36% en passant de  19 à 26 millions de personnes. Or, sur les 26 Millions d’actifs, en 2007, il faut compter 2,5 millions de chômeurs  (contre environ 200 000 en 1949) et 2,1 Millions d’emplois ou d’activités diversement subventionnés par le gouvernement  (inexistants en 1949).    Toujours selon l’INSEE, depuis 1960, la productivité augmente en moyenne d’environ 3 % par an. Ainsi, de façon relative, les entreprises Françaises créent plus de richesses avec moins de personnel.  

 

Depuis 1960, la part des prestations sociales dans le revenu disponible brut des ménages est passée de 15 à 30%. Sur la même période de temps les administrations de sécurité sociale ont vu croître leurs besoins financiers en des proportions dépassant les 8 milliards d’Euros annuels. 

 

Depuis 40 ans, la compétitivité économique consiste essentiellement à améliorer le rendement du capital financier tout en minimisant le recours au capital humain. A bien lire les chiffres de l’INSEE, depuis 1949, la création nette d’emplois se monte à 4 millions d’actifs. Le poids financier des 4 autres millions d’actifs est laissé aux bons soins de l’assurance chômage, de  l’Etat et de la collectivité. Ledogme de la compétitivité engendre un état de surpopulation économique.  

 

Il n’est pas question de revenir à un modèle où 5 employés seraient nécessaires au montage d’une seule  ampoule. Cependant, si l’on veut éviter que le système implose sur lui-même, il  faut revenir à  une économie où la compétitivité mesurerait le  rendement sociétal des entreprises. Il faut adopter des modes de production et de consommation donnant plus de place au capital humain.

 

Il faut ramener l’entreprise dans le jeu sociétal : Rétablir la symbiose et le but.

Les stratégies de relances actuellement émises par les candidats à la présidentielle ne peuvent fonctionner. Jamais l’outil fiscal de prélèvement et de distribution ne pourra suppléer au déséquilibre symbiotique entre les entreprises et la société qui les héberge. Pour se faire il faut avant tout redéfinir la façon dont nous créons les choses, la façon dont nous les utilisons et, enfin, la façon dont nous les détruisons. L’entreprise est un média, une interface dont le conditionnement détermine la façon dont les richesses produites se répartissent dans la société humaine.

Sans limites, sans encadrement, sans but global, l’entreprise se recroqueville sur ses ressources propres, elle s’optimise en devenant hyper compétitive.  Cette compétitivité se manifeste essentiellement par un refus avéré  de participer à la société qui lui a donné le jour et qui lui assure sa subsistance.  Si l’on veut que l’entreprise revienne dans le jeu sociétal, charge à l’Etat  de restaurer l’encadrement, les limites et surtout : Le but.

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2 juillet 2011 6 02 /07 /juillet /2011 00:04
Les hydrocarbures ont fait de nous des drogués de l'énergie.
 
Les Hydrocarbures nous permettent d'avoir une qualité de vie qui, il y a encore 200 Ans, était inimaginable. Cependant, parce que cette ressource demeure relativement limitée et rare, les nations rentrent en concurrence pour s'en préserver des accès privilégiés. Ainsi en moins d'un siècle d'histoire, on ne compte plus les populations qui paient cher notre soif d'énergie : Nigéria, Iran, Irak, Angola, Afghanistan, Géorgie... Partout où les hydrocarbures appellent l'humain, le malheur frappe.
 
Malgré leurs inconvénients, les hydrocarbures réalisent quasi instantanément tous nos désirs. Cette ressource a inauguré l'ère de l'industrie et de la consommation de masse. Auparavant, la rareté et la faiblesse des énergies disponibles contingentaient la production au plus proche de nos habitats. Aujourd’hui, les hydrocarbures ont non seulement abattus les limites géographiques mais aussi, climatiques. Nous répondons à nos désirs quand bon nous semble, en allant les acquérir là où ils coûtent le moins cher.
 
En accoutumant l'homme moderne à consommer de tout et en masse, la période des "trente glorieuses" a été un prélude à un œuvre beaucoup plus vaste : La mondialisation des échanges. Marketing et publicité seuls n'auraient pu accomplir ce "miracle". L'augmentation de l'offre marchande, les fabrications "low-cost" et... les délocalisations, n'ont été rendus possibles que grâce à une seule chose : l'énergie de mouvoir des biens d'un bout à l'autre de la planète au gré des caprices - manipulés - des consommateurs. Ainsi, ce qui devait faciliter nos vies quotidiennes est devenu le principal responsable de nos maux, qu'ils soient sociaux, humains et économiques.
 
Désertification, drames sociaux, pertes des valeurs et du sens, troubles climatiques, crises économiques, pauvreté endémique...Malgré d'évidents stigmates, tels des drogués, nous multiplions les plaisirs éphémères tout en sachant que cela nous mène à une inéluctable perte.
 
Consommation, compétitivité et Hydrocarbures... des drogues dures.
 
En remplaçant le besoin par l'envie, nous avons fait du citoyen une machine à consommer. Cette machine a besoin d'énergie : Les hydrocarbures, et de matières premières : les biens. Comme toute machine elle doit fonctionner de façon optimale. Cette optimisation, c'est la compétitivité industrielle. Grâce à elle, il est possible de générer des biens bon marché. En utilisant des biens fabriqués de façon "compétitive", la machine "consommateur" peut fonctionner à plein rendement en utilisant les hydrocarbures.
 
La compétitivité se manifeste, notamment, par l'optimisation de l'outil de travail : On produit mieux et plus avec moins de ressources tant humaines qu'énergétiques. Les gains de compétitivité bénéficient à la masse salariale restante qui peut ainsi plus consommer. Les salariés exclus de l’outil de travail, bénéficient du crédit et des aides sociales : ils peuvent aussi consommer. Au final, les consommateurs peuvent acquérir plus de produits à meilleur marché. Les quantités livrées augmentant, le besoin énergétique évolue en proportion tandis que, grâce à la compétitivité, le besoin en main d'oeuvre, stagne. L'humain, pour jouer son rôle de consommateur, à besoin de ressources financières. Si le travail se fait rare, alors, l'humain doit s'arranger pour être le moins coûteux possible. La compétitivité se nourrit donc d'un dumping social déployé à une échelle planétaire : Les humains rentrent en concurrence pour obtenir et préserver leur statut de consommateur.
 
Grâce à l'accès facile aux hydrocarbures, ce cycle infernal est endémique. A cause d'un ticket énergétique faible et une forte demande d'humains conditionnés, la compétitivité et hydrocarbures jouent librement leur rôle destructeur.
 
Il faut placer l'humanité en cure d'auto-désintoxication.
 
Parce qu'ils comblent 85 % de nos besoins énergétiques, sans hydrocarbures, pas de consommation de masse, pas de commerce international, ni confort "à l'américaine". Cependant, on voit mal comment tout un peuple accepterait de renoncer à son statut d'exception. Dégrader unilatéralement la qualité de vie peut engendrer de la violence, de graves troubles sociaux et politiques. Par conséquent, tout doit être fait pour que le citoyen consommateur conserve les moyens énergétiques de ses caprices. Ainsi, en France, les manœuvres entourant le gaz de schistes ne constituent en rien une prise de conscience écologique. C'est juste le comportement d'un drogué qui recherche un nouveau dealer, de nouvelles doses, tout en prétendant le contraire.
 
Il faut créer une alternative satisfaisante et supportable dont une caractéristique principale sera un besoin moindre en énergie. "Empêcher" ne saurait être une réponse satisfaisante au moment où il nous faut au contraire imaginer et concevoir. Le résultat de cette réflexion, quel qu'il soit, ne peut être imposé : Il doit être naturellement accepté. Pour cela, ce modèle doit être suffisamment attractif pour que le citoyen en fasse le choix de lui-même. Ce modèle doit être suffisamment exemplaire pour que toutes les nations s'en emparent et le fasse leurs. Ce modèle doit faire sens pour qu'il constitue une base saine et durable pour les générations futures. La désaffection pour "l'ancien mode de vie" marquera le début d'une l'auto désintoxication dont le citoyen sera le premier moteur.
 
Comment faire ? Quelques pistes existent.
 
En modifiant de façon intelligente le fonctionnement de notre société, il est possible d'engendrer de profonds changements qui, en plus d'être rémunérateurs peuvent faire école.
Promouvoir le télétravail est une bonne solution. Le télétravail propose une meilleure qualité de vie et un moindre recours aux transports. Les automobiles qui demeurent au parking allègent la circulation. Il y a moins de véhicules sur les routes et ceux qui y sont peuvent rouler de façon plus optimale, plus sobre.
 
Disperser en province les grands centres économiques tertiaires est une autre bonne solution. Grâce à l’informatique, la finance et le négoce marchent aussi bien à Paris qu’à Guéret dans la Creuse ! A terme, disperser les consommateurs sur des villes moyennes oblige à rallonger les chaînes logistiques. Des transports plus compliqués, plus longs, plus coûteux, incitent à produire au plus proche des consommateurs. Déporter des fabrications sur des pays lointains deviendra immanquablement moins attractif.
 
L’éclatement des grands pôles économiques vers la province permet aux citoyens d’accéder à une meilleure qualité de vie sans augmentation notable des salaires. Un marché de l’habitat moins tendu, des distances de circulation raccourcies sont autant de facteurs qui tendent naturellement à faire baisser notre dépendance aux hydrocarbures tout en recréant du lien social ! Enfin, la déconcentration géographique des richesses permet de les répartir de façon plus naturelle sans fiscalité par trop coercitive.
 
Libérer la créativité technique est une autre bonne méthode. Libéraliser le recours aux carburants alternatifs, au solaire, à la méthanisation des lisiers…Généraliser les configurations hybrides et privilégier les systèmes a hautes efficacité énergétiques. Concevoir des biens réparables et évolutifs...Tout cela amènera un ensemble de créations pouvant aboutir rapidement et concrètement à d’impressionnants résultats.
 
Le champ des possibles est immense.
 
Sans nul doute, les hydrocarbures nous ont apportés sur une qualité de vie sans pareille dans l’histoire de l’humanité. Malheureusement, résoudre durablement nos crises et nos errements idéologiques suppose très probablement l’émergence d’un nouveau rapport à l’énergie. Le citoyen doit être incité à concevoir par lui-même son propre avenir. Face à cela, le politique doit créer les conditions d’émergence de cette nouvelle donne en évoluant vers mode de pensée plus global et visionnaire.
 
Nous avons inventé une société du XXIème siècle, il ne nous reste plus qu’à inventer l’humain qui va avec.
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29 avril 2011 5 29 /04 /avril /2011 23:01

Cet ouvrage de Philippe DERUDDER explique pourquoi le fonctionnement de l'économie est fondamentalement inhumain et dangereux.  La comptabilité des activités humaines porte en elle même les causes de son échec. Seul le retour à une économie réelle peut permettre de faire face durablement aux enjeux de ce nouveau siècle. Pour réussir ce pari, changer la façon dont nous créons et utilisons la monnaie est un atout essentiel.

 

 

Nous ne savons pas compter.

Nos systèmes économiques privilégient une approche subjective et souvent spéculative de la valeur des choses. Compter ainsi rend notre gouvernance totalement myope. Ainsi pilotée, la société humaine  accumule crises sur crises et se dirige sûrement vers son auto- destruction.

 

 

Le prix est la première des armes de destruction massive.

Philippe DERUDDER évoque avec une simplicité désarmante la possibilité que nous sortions durablement de ces logiques économiques destructrices. Au travers d'exemples simples, le lecteur comprend ô combien il est facile d'aller vers des jours meilleurs. En revanche, nous comprenons que nous sommes "accros" aux raisons qui font notre propre malheur : Mode, offres promotionnelles, compétitivité aveugle...  Cet ouvrage explique que  la première arme de destruction massive : c'est le facteur prix.

 

 

Contrôler "le politique" pour s'en sortir.

En se réappropriant l'évaluation de la valeur des choses, le citoyen peut promouvoir l'économie réelle et sortir d'un système spéculatif. En changeant l'outil de comptabilisation : La monnaie, le citoyen peut se placer au centre et aux commandes du changement. Néanmoins, ce changement doit être impérativement relayé par la classe "politique" pour devenir durable et global. Malheureusement, la faiblesse morale des dirigeants institutionnels et leur manque d'indépendance intellectuelle brident cette évolution positive.

 

Les exemples historiques qui nous sont proposés démontrent ce fait.

 

 

Ne pas sous-estimer la nature humaine.

Philippe DERUDDER  nous délivre un message d'espoir :  La crise n'est pas une fatalité, les solutions sont entre nos mains.  Cependant, les propositions faites  peuvent  être diversement appréciées au titre que les facteurs d'analyse sont ,volontairement ou non, limités.  Les principes énoncés n'en demeurent pas moins pertinents.  La démonstration est valide, mais soumise probablement à une meilleure appréciation du naturel que nous avons pour choisir les pires des chemins.

 

 

A lire absolument tant l'urgence est grande.

 

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14 juillet 2010 3 14 /07 /juillet /2010 13:00

 

Faciliter l'installation d'élevages porcins en Bretagne ou mettre en place une économie écologique et performante ?

 

Dans le Monde du 30 juin 2010, on découvre : " Les députés veulent faciliter l'installation d'élevages de porcs en Bretagne". Un projet de loi d'assouplissement des règles sanitaires afin de multiplier les élevages porcins a été déposé. Est ce une bonne idée compte tenu de la pollution déjà très élevée des eaux bretonnes ? Si nos députés votent cette loi, la Bretagne perdra une formidable opportunité d'allier économie performante et écologie pertinente

 

 

Les eaux bretonnes sont elles réellement "mauvaises" ?

 

La Bretagne représente à elle seule 20 % de la production légumière Française, 55 % de la production porcine, 45 % de la production ovine ; le tout concentré sur... 6 % du territoire national !

 

La Directions Régionales de l'Environnement ( DIREN )  a prouvé que les activités agricoles sont directement liée à l'origine des concentrations polluantes dans l'eau potable.

 

Les Directions Régionales de l'Environnement ( DIREN ) qualifient de "mauvaises" les eaux dont la concentration de nitrates est comprise entre 25 et 50 mg par litre * .

 

En Bretagne, la DIREN a observé que 68 % des eaux souterraines bretonnes sont classées "mauvaises". **

 

Faut il donc autoriser une intensification des élevages en Bretagne ?

 

 

Comment améliorer la qualité des eaux bretonnes, créer de l'emploi et maintenir l'élevage porcin ?

 

Traiter la pollution des eaux bretonnes, maintenir les activités agricoles tout en créant de nouveaux emplois est possible.

 

Les rejets des exploitations porcines : un engrais pour les algues

 

Les rejets agricoles contiennent 3 choses intéressantes :

- Des nitrates.

- Du biogaz que l'on peut extraire par méthanisation.

- De la chaleur et du CO2 issu de la combustion du biogaz.

 

Imaginons : Les rejets agricoles polluant les eaux bretonnes sont utilisées pour fournir la nourriture (le nitrate) nécessaire à la culture d'algues oléagineuses.  Le biogaz fait fonctionner les machines nécessaires à l'exploitation des algues 1. Le CO2 et la chaleur issus de la consommation du biogaz servent à la croissance des algues oléagineuses.

 

Et qu'allons nous faire de toutes ces algues ?

 

Les algues produisent des huiles végétales pures² qui sont un substitut naturel au diesel. de plus, les tourteaux, résidus issus du traitement des algues servent à nourrir le bétail.

 

Avec la mise en place de cette économie écologique et performante :

 

1 ) Les déchets agricoles sont valorisés et ne polluent plus les eaux.

2) Les algues fournissent du carburant.

3) Des emplois locaux bio-énergétiques durables sont créés.

 

 

Le recyclage énergétique de la pollution agricole valorise une économie d'avenir locale, stable et porteuse de sens.

 

 

Parce qu'elle concentre trop de production sur une surface trop petite la Bretagne est malade de son agriculture : Ce n'est pas en intensifiant  l'élevage qu'elle guérira.

 

On espère pour la Bretagne que le parlement fera le bon choix et que le concept proposé ici sera étudié sérieusement...

 

 

 

Notes & Sources:

* - La réglementation française (décret 2001-1220 du 20 décembre 2001) limite à 50 milligrammes par litre la teneur maximale en nitrates de l’eau destinée à la consommation humaine.

 

 

** - DIREN Bretagne - Note de synthèse 3ème campagne surveillance de la teneur en nitrates des eaux douces - Avril 2002.

1 - JP Cadoret et 0 Bernard - La production de biocarburant lipidique avec des microalgues : promesses et défis - Journal de la Société de biologie - 2007.

² - Rapport  : Le Biocarburant HVP - Vegetole - 2005 - http://www.ifhvp.fr/presentation/qui-est-lifhvp

² - iFHVP_standard_workshop_2009-03-19 - Standardization of Pure Vegetable oil (PVO) as diesel fuel -   http://www.eppoa.org/documents.htm

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7 avril 2010 3 07 /04 /avril /2010 23:26

 

" La crise ne nous rend pas seulement libres d'imaginer d'autres modèles, un autre monde. Elle nous y oblige." 14/09/2009 La Sorbonne Nicolas Sarkozy.

 

 

C'est en ces termes que le Président de la république faisait siennes les idées de Joseph Stiglitz, prix Nobel d'économie.  S'appuyant sur le rapport « sur la mesure des performances économiques et du progrès social » Nicolas Sarkozy soulignait alors sa détermination à « ... préparer le monde de l'après-crise ».

 

 

cupidite.jpg

 

Dans son dernier ouvrage " Le triomphe de la cupidité", Joseph Stiglitz, au nombre de la palette d'outils utiles à une sortie durable de la crise, le prix Nobel  énonce une intéressante voie..."Si le monde s'engageait fortement pour le carbone cher, ( en faisant payer au prix fort les entreprises et les ménages pour les émissions de gaz à effet de serre), il y aurait d'importantes incitations à rééquiper l'économie. Cela susciterait des innovations et des investissements dans des logements, usines et équipements plus économes en énergie...".

 


Au vu des récentes évolutions liées à la taxe carbone, Mr Sarkozy semble au final, assez peu à même d'imaginer un autre monde.

 

 

Source : 

- http://www.lesechos.fr/info/france/020135812962-sarkozy-place-le-rapport-stiglitz-au-coeur-de-l-apres-crise.htm

- Joseph E Stiglitz - Le Triomphe de la Cupidité - Page 143 - Ed L.L.L. Les Liens qui Libèrent - 02/2010.

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18 décembre 2009 5 18 /12 /décembre /2009 22:24

Le 3 décembre 2009, 20 minutes nous dévoile une belle et grande idée : approvisionner le Grand Paris grâce au trafic fluvial conteneurisé.

 

Le fluvial est il compétitif ?

 

Pour un conteneur 40’ : 12 mètres de long – l’équivalent, grosso modo d’un camion semi remorque. Arrivée : Le Havre -  livraison : Région Parisienne.

River Antwerp Aujourd’hui – Transport routier :  
780 Euros*
Durée de l’opération : 24 Heures
Départ : Quand vous voulez


Comparatif – Transport fluvial :
770 Euros*
Durée de l’opération : De 36 Heures à 96 Heures.
Départ : 2 fois par semaine à ce jour.
  * 2009 - Chiffres de marchés collectés auprès de professionnels.
 

 

Bilan :  A prix légèrement supérieur, les entreprises se paient le luxe du transport routier car pour deux ou trois dizaines d’Euros : Elles y gagnent et la différence est payée par le consommateur.

 




Comment vaincre le routier.


Invalider l’équation économique actuelle et faire que le prix du transport routier soit suffisamment dissuasif.

 

S’assurer que le différentiel de prix routier ne soit pas répercuté sur le prix de vente final du produit transporté.

 

 

Pourquoi est ce impossible ?

 

Parce que les règlements Européens et l’OMC réclament une dé-régularisation totale des marchés et déclarent « illégales » les mesures visant à contrecarrer la seule loi du marché.

 

 

Grand Paris : L’écologie made in china ?

 

Container.jpg
A votre avis, d’où viendront ces milliers de conteneurs ?

 

De Chine, d’Inde et de toutes ces magnifiques contrées lointaines où nous pouvons acheter tout et n’importe quoi,  du verre à dent à l’écran plat. En 2020, tout ira bien ! Grâce aux connections fluviales, nous pourrons consommer et faire croître de quelques millièmes de points notre PIB national en polluant moins...  Chez nous.

 

 

 

Transporter par le fleuve et changer les choses : Un plan plus global.

 

En France en 2005, le fret fluvial représentait 3% des échanges terrestres de marchandises. Sur la seine, le trafic conteneurisé représente environ 3 % des volumes transportés par voie d’eau. N’en déplaise à nos grands spécialistes :  prétendre sortir durablement notre économie de l’ornière suppose des mesures autrement plus ambitieuses comme :

 

-         Invalider les équations économiques dont les effets sont clairement  socialement et écologiquement néfastes : Le transport en fait partie.

-         Accepter de re-réglementer certains pans de l’économie européenne.

-         Dénoncer nos méthodes de production.

-         Concevoir différemment nos produits : Ils doivent être plus réparables, voire modifiables…Et moins jetables.

-         Remettre en cause les circuits de distribution actuels en privilégiant les chaînes d’approvisionnement courtes.

-         Adopter des modes de vies plus en phase avec les réalités sociales et écologiques.

-         Avoir une vision sobre et efficace de notre stratégie économique.

-         Ne plus confondre prestige et pragmatisme

-         Restaurer une économie du sens

 

 

Et probablement, dans le cadre d’un déploiement aussi vaste, le fret fluvial, mais aussi ferroviaire devrait retrouver leur juste place.

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21 septembre 2009 1 21 /09 /septembre /2009 13:49
 Alors que Jean Louis Borloo annonce l'achat de 40 000 Véhicules électriques par le gouvernement et la mise en place d'un super bonus de 5000 Euros pour l'achat d'un véhicule électrique, penchons nous un peu sur quelques précédents historiques.
 
 
1995 - 12 Avril -  Article paru dans l'Humanité : Une prime attribuée pour l’achat d’une voiture électrique

 


"...Le gouvernement vient de décider d’attribuer une prime de 5.000 francs pour l’achat d’une voiture électrique. de son côté, Electricité de France (EDF) accordera une aide complémentaire de 10.000 francs par véhicule au constructeur ou à l’importateur. Ces mesures, qui prendront effet à compter du 1er juillet et dureront jusqu’à la fin 1996, coûteront entre 30 et 40 millions de francs au budget de l’Etat. Elles devraient permettre d’immatriculer 7.000 véhicules électriques en dix-huit mois et 100.000 en l’an 2000, selon les services du premier ministre. Destinées à encourager le marché et garantir une « équivalence de prix » entre une voiture thermique et une voiture électrique, les nouvelles mesures annoncées comprennent également un engagement de l’Etat et des collectivités locales dans un programme d’électrification de leurs véhicules en zone urbaine pour parvenir à 10% de véhicules électriques en l’an 2000. PSA-Peugeot-Citroën s’est déclaré très satisfait de ces mesures. Chez Renault également l’aide est jugée « bienvenue »..."

 
1997 -  dix-huit mois après - Henri Revol, dans son rapport 439, rapporte au Sénat qu'en dépit des incitations promises, le parc automobile électrique s'établissait à 3200 Unités sur les 7 000 initialement visés.. L'administration publique avait effectivement acquis que 150 véhicules sur les 1800 promis aux constructeurs.
 

 
2008 - PSA remet les clefs de 2 véhicules diesel-hybrides à Mr Borloo.  Ces voitures utilisent des technologies immédiatement disponibles afin que la mise en production puisse se réaliser dans les plus brefs délais.
 

2009 -
L'Etat promeut un véhicule utilisant une technologie en phase de développement et dont l'outil industriel n'existe pas.... Mais promet d'en acheter 40 000 !
 

 
14 ans après, nous voici donc revenus au point de départ avec la même promesse. Cette fois ci, l'Etat promet d'acheter 20 X plus de véhicules et la prime (ramenée en Francs) passe de 5 000 à plus de 35 000 Francs.
 
Alors, à votre avis, "l'Electro-Borloo-Mobile",  Info ou Intox ???
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15 septembre 2009 2 15 /09 /septembre /2009 10:38
Les propositions écologiques de ce gouvernement engendrent déception et méfiance. Depuis 15 jours la bonne idée de la taxe carbone a été réduite en un vulgaire et grossier arrangement fiscal. Il s'agissait d'obtenir un plébiscite. Résultat : une incontestable impopularité.  Cependant, au millieu de ce désastre, cette dernière semaine nous a apporté au moins  2 bonnes nouvelles :
 
Première bonne nouvelle : Culoz - Jeudi 3 Septembre 2009 - Nicolas Sarkozy déclare : " Je demanderai à l'Europe une taxe carbone aux frontières" et de rajouter "..Il faut asseoir la fiscalité sur la pollution (...) ceux qui " produisent sale "  doivent payer...".  M. Le Président semble faire référence à une idée assez voisine de la Taxe Lauré  dont le principe était justement de combattre le dumping social et écologique des "autres"qui plombe la France.
 
Deuxième bonne nouvelle : Lundi 14 septembre - La Sorbonne - Nicolas Sarkozy, reprenant l'avis de la commission Stiglitz, met en cause la pertinence des outils statistiques économiques en déclarant  :".. "Le problème vient de ce que l'on a fini par prendre la représentation de la richesse pour la richesse elle-même, la représentation de la réalité pour la réalité elle-même".  Dans son ouvrage, "C'est maintenant", Jean Marc Jancovici explique pourquoi, s'il s'agit de changer notre société, le Produit Intérieur Brut et l'indice de croissance qui en découle sont des outils contre-productifs. Cette idée importante avait étrangement disparu du rapport Roccard.
 
 
La Taxe Carbone, telle qu'elle nous est présentée est très en deçà de ce que nous étions en droit d'espérer. Cependant, M. Sarkozy lance courageusement deux "pavés dans la mare" : Pour que nos règlements écologiques nationaux soient efficaces, il faut aussi changer  le contexte économique mondial. 
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