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16 février 2012 4 16 /02 /février /2012 13:43

La dynamique des « trente glorieuses » a engendré un état de grâce où  intérêts économiques privés travaillaient en symbiose avec l’intérêt commun : il fallait reconstruire. Cette tâche accomplie, la nouvelle orientation économique a demandé aux  entreprises de devenir « hyper-compétitives ». En limitant la compétitivité économique aux seuls indicateurs financiers,  la  coopération symbiotique entre capital humain et financier s’est effacée au profit d’une prédation méthodique du premier facteur au profit du second. Cette évolution a perturbé l’équilibre social Français.  L’Etat, faute de définir une nouvelle direction globale, un paradigme, entretien une situation qui ne saurait être réglée par plus de compétitivité et plus de fiscalité.

 

 

Depuis les années 60, les entreprises se désengagent de leur rôle social dans l’économie nationale.  

Selon  l’INSEE, en 2007,  par rapport à  1949,  la France produit, en volume, 8 fois plus de richesses. Dans le même intervalle, la population active a augmenté de 36% en passant de  19 à 26 millions de personnes. Or, sur les 26 Millions d’actifs, en 2007, il faut compter 2,5 millions de chômeurs  (contre environ 200 000 en 1949) et 2,1 Millions d’emplois ou d’activités diversement subventionnés par le gouvernement  (inexistants en 1949).    Toujours selon l’INSEE, depuis 1960, la productivité augmente en moyenne d’environ 3 % par an. Ainsi, de façon relative, les entreprises Françaises créent plus de richesses avec moins de personnel.  

 

Depuis 1960, la part des prestations sociales dans le revenu disponible brut des ménages est passée de 15 à 30%. Sur la même période de temps les administrations de sécurité sociale ont vu croître leurs besoins financiers en des proportions dépassant les 8 milliards d’Euros annuels. 

 

Depuis 40 ans, la compétitivité économique consiste essentiellement à améliorer le rendement du capital financier tout en minimisant le recours au capital humain. A bien lire les chiffres de l’INSEE, depuis 1949, la création nette d’emplois se monte à 4 millions d’actifs. Le poids financier des 4 autres millions d’actifs est laissé aux bons soins de l’assurance chômage, de  l’Etat et de la collectivité. Ledogme de la compétitivité engendre un état de surpopulation économique.  

 

Il n’est pas question de revenir à un modèle où 5 employés seraient nécessaires au montage d’une seule  ampoule. Cependant, si l’on veut éviter que le système implose sur lui-même, il  faut revenir à  une économie où la compétitivité mesurerait le  rendement sociétal des entreprises. Il faut adopter des modes de production et de consommation donnant plus de place au capital humain.

 

Il faut ramener l’entreprise dans le jeu sociétal : Rétablir la symbiose et le but.

Les stratégies de relances actuellement émises par les candidats à la présidentielle ne peuvent fonctionner. Jamais l’outil fiscal de prélèvement et de distribution ne pourra suppléer au déséquilibre symbiotique entre les entreprises et la société qui les héberge. Pour se faire il faut avant tout redéfinir la façon dont nous créons les choses, la façon dont nous les utilisons et, enfin, la façon dont nous les détruisons. L’entreprise est un média, une interface dont le conditionnement détermine la façon dont les richesses produites se répartissent dans la société humaine.

Sans limites, sans encadrement, sans but global, l’entreprise se recroqueville sur ses ressources propres, elle s’optimise en devenant hyper compétitive.  Cette compétitivité se manifeste essentiellement par un refus avéré  de participer à la société qui lui a donné le jour et qui lui assure sa subsistance.  Si l’on veut que l’entreprise revienne dans le jeu sociétal, charge à l’Etat  de restaurer l’encadrement, les limites et surtout : Le but.

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Published by Alternotre - dans Nouvelle économie
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